Les maisons à colombage d'Alsace du Nord
1.Sablière basse
2.Sablière d'étage
3.Poteau Cornier
4.Montant de fenêtre
5.Linteau
6.Appui
7.Décharge d'allèges
L’ habitat traditionnel
On dit maison alsacienne à colombage pense
aux dessins de l’Oncle Hansi Mais ce cliché ne saurait servir de modèle
urique.
Il existe un grand nombre de variétés de maisons suivant le site (plaine
ou montagne) et la destination des bâtiments (élevage, agriculture ou viticulture).
Et même pour celui qui traverse l’Outre- Forêt, l’homogénéité des maisons
n’est qu’apparente. Semblables, ces maisons ne sont jamais identiques. et
l’on est surpris par la diversité de leur décor, si l’on prend la peine
de les examiner soigneusement. C’est alors que se dégage la vie d’une région.
L’Outre-Forêt se caractérise par plusieurs faits • L’absence d’habitat isolé.
Point de ferme solitaire au milieu des champs. Les villages s’allongent
de part et d’autre d’une rue unique: par exemple Schleithal, le village
le plus long d’Alsace, qui s’étire sur plus de 2 km le long de la frontière
franco-allemande. Parfois on se trouve en présence de deux rues parallèles
reliées par des ruelles, comme à Seebach: c’est un village-échelle. Ailleurs
on a affaire à un habitat plus groupé.
2. Dans la majorité des cas, les maisons ont leur pignon sur la rue et sont
séparées les unes des autres par d’étroites venelles imprati- cables, dans
lesquelles on peut encore voir des fours à pain (les Alsaciennes y faisaient
cuire le célèbre kugelhopf, la natte du Dimanche ou encore la tarte flambée
ou Flammekùche)
3. Jusqu’en 1870 les maisons sont à pans de bois apparents. On voit très
peu de maisons davant 1680. En effet la Guerre. de Trente Ans (1616-1648)
a détruit des villages entiers et décimé les populations. Il fallut attencre
l’arrêt complet des hostilités en 1679 pour que la construction reprenne.
Beaucoup de villages furent alors peuplés d’immigrants dont on retrouve
les noms aujourd’hui. Après 1870 les riabitants des campagnes voulurent
imiter ceux des villes et ils crépirent leurs maisons. Cette initiative
fut malheureuse puisque le torchis et le bois pourrirent sous le crépi et
de nombreux décors disparurent. La restauration de ces vieilles maisons
n’a vraiment débuté que ces dernières années. Des bois durs comme le chêne
et le châtaignier étaient utilisés pour les poteaux principaux et les parties
ornées. Pour les pièces secondaires. on se contentait de pin ou de sapin.
On est frappé par l’abondance des pièces obliques qui contribuent à la solidité
et à l’esthétique de l’ensemble. Les très vieilles mai- sons se reconnaissent
à leur poutrage essentiellement horizontal. L’espace compris entre les poutres
est comblé par du torchis (mélange d’argile et de paille hachée) appliqué
sur des branchages entrelacés. Beaucoup de maisons possèdent des auvents
qui courent le long des trois façades au niveau des étages.
4. Les toits sont à forte pente (40 à 600) pour permettre à la neige de
glisser, lis sont à deux versants, avec un abattant plus ou moins important
sur le pignon. On les recouvrait de tuiles plates arrondies en forme de
queue de castor )Biberschwanz). Aujourd’hui on les remplace par des tuiles
à emboflement fabriquées à Seltz
5. Dans l'Outre-Forêt les bâtiments sont disposés autour d'une cour carrée
ou rectangulaire, sans porche. La cour est limitée vers la rue par des piliers
à bulbe (Seebach). Le couloir d'entrée sépare la maison en deux parties
inégales: devant, la partie la plus large qui contient la Stube, ou piéce
prin- cipale avec alcôve. Longtemps c'était la seue pièce chauffée. Derrière,
la " klein Stub " réservée aux grand-parents. Sur les deux autres côtés
de la cour se trouvent la grange. étable, écurie.... Certaines fermes
ont conservé leurs pompes à balancier en bois, comme à Hunspach. D'autres
villages possèdent leur puits communal comme Hoffen.
